- Interaction spatiale :
Des
observations ont donné naissance à la notion de codage
spatial des odeurs.
Chaque odeur serait ainsi caractérisée par une activation
géographique
spécifique de la population neuronale,
et chaque neurone stimulé
contribuerait à la détermination de
l’odeur. De
plus on sait que les protéines
réceptrices portées par les cellules olfactives sont
particulièrement
riches en groupements chimiques CONH, COOH et NH2
susceptibles dedonner
et de recevoir des liaisons hydrogène. On peut
donc raisonnablement supposer
que la reconnaissance des molécules par les
récepteurs se fait, pour partie au
moins, par
l'intermédiaire
de ces liaisons, qui sont très sensibles à la relation
géométrique entre les
éléments
liés. Par ailleurs, on peut s'attendre, par analogie avec les
interactions
connues en pharmacologie, à ce que les forces dites de van
der Waals* et les
interactions hydrophobes jouent aussi un grand rôle.
Ces forces s'exercent à
très courte distance, entre des parties de molécule
peu chargées, constituées
essentiellement de carbone et d'hydrogène.
Enfin,
alors que les molécules odorantes ne présentent pas de
charge électrique
globale, elles peuvent fort bien présenter des charges
localisées, parfois
importantes, qui entraînent la présence de dipôles
dans la molécule. Les
protéines des récepteurs présentant aussi des dipôles,
on peut supposer des interactions entre ces dipôles, dans la mesure où leur
orientation relative dans l'espace est convenable.
- Transduction
Des réparations de membranes de neurones récepteurs, ou mieux, de cils olfactifs isolés par un choc calcique, montraient l'élévation de l'activité de l'adénylate cyclase lorsqu'elles étaient incubées en présence de certains odorants. Dans les préparations de cils olfactifs et avec une méthode d'observation biochimique, l'accroissement d'AMPc (L'adénosine mono-phophate cyclique est transitoire et rapide, intervenant dans les 50 ms suivant l'ajout du stimulus. L'augmentation d'AMPc est bloquée par la toxine.

Alors que les récepteurs du goût utilisent plusieurs systèmes moléculaires de transduction, les récepteurs olfactifs n’en utilisent apparemment qu’un ou deux. Toutes les molécules de la transduction sont situées dans les petits cils. La voie olfactive la plus commune peut être schématisée ainsi :
-
Suite à la fixation d’une molécule odorante sur les protéines transmembranaires
spécifiques (Stimulus odorant) les protéines G sont stimulées et provoquent
l’activation de l’adénylcyclase. Cette activation conduit à la formation d’AMPc
à partir d’ATP. Ensuite il y a liaison de l’AMPc sur des canaux spécifiques des
cations qui amène à l’ouverture des ces canaux et à l’entrée de Na+ et de Ca2+.
L’entrée de calcium active l’ouverture de canaux Chlore qui provoquent la
sortie des ions Cl-. Ces entrées et sorties d’ions mènent à la dépolarisation
de la membrane qui jouera un rôle électrique par la suite. Quand les canaux
sélectifs pour les cations sensibles à l’AMPc sont ouverts, le flux du courant
est entrant et la membrane du neurone olfactif est dépolarisée. Avec le sodium,
le canal sensible à l’AMPc laisse entrer une grande quantité de calcium dans
les cils. Le courant chlore activé par le calcium pourrait amplifier le
potentiel récepteur olfactif. Ceci est une différence par rapport à l’effet
habituel des courants chlore qui inhibent les neurones (dans les cellules
olfactives, la concentration interne en chlore doit être exceptionnellement
élevée pour qu’un courant chlore soit susceptible de dépolariser plutôt que
d’hyperpolariser la membrane). Si le potentiel
récepteur ainsi initié est assez élevé, il atteindra le seuil des potentiels
d’action dans
le corps cellulaire et des décharges se propageront tout le long de l’axone,
jusqu’au SNC. Cette voie de transduction des signaux présente 2 traits
inhabituels : les protéines de liaison de la substance chimique vont différer
d’une substance à l’autre mais le mécanisme de transduction par l’AMPc sera
généralement conservé quelle que soit la substance. Il existerait 500-1000
gènes différents de protéines réceptrices des stimuli odorants (la plus grande
famille de gène actuellement découverte). Il est probable que chaque protéine
réceptrice ne fixe qu’un certain type de substance odorante, mais on ne connaît
pas les détails. Toutes ces protéines sont des protéines à 7 domaines
transmembranaires couplées à des protéines G (Pace et al,1985) dont la plupart
stimulent la production d’AMPc. Il semble également que chaque cellule
olfactive n’exprime qu’un seul type de récepteur seulement. De
nombreux travaux se sont consacrés à l'étude d'une autre voie de transduction
mettant en jeu l'inositol triphosphate (IP3) comme second messager. Certains
auteurs ont montré que les membranes ciliaires contenaient des canaux sélectifs
pour les cations et ouverts directement par l'odeur (Labarca et al., 1988). Peu
de travaux se sont consacrés à la recherche d'autres canaux de ce type.
L'action directe du stimulus sur le canal n'offre pas l'avantage d'amplifier le
signal comme le fait la transduction passant par la synthèse d'un grand nombre
de molécules de second messagers susceptibles d'ouvrir simultanément, après
diffusion, de nombreux canaux dans la membrane.
